Bien organiser les journées d'appel de votre équipe (et écouler vos fichiers de leads)
Par L'équipe Flowrida
Dans une équipe commerciale, deux ressources doivent s'écouler ensemble, les heures d'appel de vos commerciaux et les fichiers de leads. Trop de capacité sur un fichier épuisé, et l'on paie des commerciaux à composer des numéros morts. Trop de fichiers frais pour trop peu de SDR, et les meilleurs contacts refroidissent avant d'être appelés. Bien staffer, c'est synchroniser ces deux flux. Voici comment calculer votre capacité réelle, la confronter à vos imports, et transformer le staffing en pilotage quotidien plutôt qu'en décision figée de début de mois.
Un fichier a une date de péremption
Un contact fraîchement importé se joint bien mieux qu'un contact appelé pour la sixième fois trois semaines plus tard. La joignabilité décroît avec le temps et avec le nombre de tentatives. Traiter un fichier comme un stock non périssable, en se disant qu'on le finira bien un jour, revient à accepter que sa valeur fonde pendant qu'il attend.
La conséquence pratique est nette. Un fichier doit être dimensionné pour être écoulé dans sa fenêtre de fraîcheur, pas stocké. Si vous importez plus de contacts que l'équipe ne peut en appeler à chaud, vous fabriquez du gaspillage à la source, avant même le premier appel.
Calculer la capacité d'appel réelle
Avant de répartir des fichiers, il faut connaître la capacité réelle de l'équipe, pas la capacité théorique. Elle se calcule à partir de trois éléments :
- Le nombre d'heures d'appel effectives par SDR et par jour. Rarement plus de 4 à 5 heures de composition nette, une fois retirés préparation, comptes rendus et pauses.
- Le nombre de contacts traitables par heure, qui dépend du taux de connexion et de la durée moyenne des échanges.
- Le nombre de SDR réellement disponibles sur la fenêtre, congés et formations déduits.
Le produit des trois donne le volume de contacts que l'équipe peut appeler à chaud sur la période. C'est ce chiffre, et non l'optimisme, qui doit piloter les imports de fichiers.
Un exemple chiffré, à titre d'illustration
Prenons une équipe fictive de 5 SDR. Chacun fait 4 heures d'appel net par jour et traite 15 contacts par heure, soit 60 contacts par jour et par SDR. Sur une semaine de 5 jours, cela donne 60 fois 5 fois 5, soit 1 500 contacts appelables à chaud. Ces chiffres sont inventés, ils servent seulement à poser le raisonnement.
Importer un fichier de 3 000 contacts pour cette semaine, c'est garantir que la moitié refroidira avant d'être appelée. La bonne décision est d'importer autour de 1 500 contacts, ou d'ajouter de la capacité si le fichier est précieux. Le calcul évite l'erreur la plus courante, importer par optimisme puis constater le gaspillage un mois plus tard.
Aligner fenêtres d'appel et cible
Toutes les heures ne se valent pas. Selon la cible, dirigeants de PME, fonctions support, professions libérales, les fenêtres de joignabilité diffèrent fortement. Staffer intelligemment, c'est concentrer la capacité sur les plages où la cible décroche, plutôt que d'étaler l'effort uniformément sur la journée.
Cet alignement fait souvent plus pour le taux de connexion qu'un changement de fichier. Appeler la bonne cible au mauvais moment revient à appeler un fichier mort. Documentez, pour chaque type de cible, les créneaux qui décrochent, et faites-en une règle de staffing plutôt qu'une intuition individuelle.
Piloter le stock en continu
Le staffing n'est pas une décision de début de mois figée pour trente jours. C'est un pilotage continu. Un fichier qui s'épuise plus vite que prévu, un SDR absent, un taux de connexion qui chute sur une liste, chacun de ces événements doit réallouer la capacité en temps réel. Sans visibilité consolidée sur l'état des fichiers et l'activité des SDR, ces arbitrages se font au doigt mouillé.
C'est là que la mesure aide. Suivre le taux d'avancement de chaque fichier, sa joignabilité et la capacité restante permet de décider chaque matin où envoyer l'effort, et quels fichiers écarter avant qu'ils ne brûlent des heures. Voici les indicateurs à garder sous les yeux :
- Le taux d'avancement de chaque fichier, pour repérer ceux qui traînent et refroidissent.
- La joignabilité par fichier, pour écarter à temps les listes qui ne décrochent plus.
- La capacité restante de l'équipe sur la fenêtre, pour caler le prochain import.
- Le nombre de tentatives moyen par contact, pour éviter d'épuiser un fichier en le rappelant à l'excès.
Les erreurs de staffing les plus coûteuses
- Importer sur la capacité théorique plutôt que réelle, et laisser refroidir l'excédent.
- Étaler les appels sur toute la journée sans tenir compte des créneaux où la cible décroche.
- Garder un fichier fatigué en le rappelant encore, au lieu de l'écarter et de passer au frais.
- Figer le staffing en début de mois et ne plus le rouvrir malgré les absences et les baisses de joignabilité.
Cadencer les relances sans épuiser le fichier
Un contact ne se joint presque jamais au premier appel, mais le rappeler dix fois ne fait que brûler du temps et griller le numéro. Entre les deux, il existe une cadence de relance qui maximise la joignabilité sans épuiser le fichier. Quelques principes tiennent la route :
- Fixer un plafond de tentatives par contact, souvent quatre à six, au-delà duquel on cesse d'appeler et on marque le contact comme non joignable.
- Espacer les tentatives et varier les créneaux, plutôt que de rappeler trois fois dans la même matinée. Un contact injoignable le matin l'est peut-être moins en fin de journée.
- Traiter un numéro qui sonne sans réponse et un numéro invalide différemment. Le second doit sortir du fichier immédiatement.
- Suivre le nombre moyen de tentatives par RDV utile, pour repérer le moment où l'acharnement coûte plus qu'il ne rapporte.
Une cadence claire protège deux ressources d'un coup, le temps du SDR et la valeur du fichier. Sans elle, les équipes oscillent entre abandonner trop tôt les contacts difficiles et s'acharner trop longtemps sur des numéros morts, deux façons de gaspiller.
En résumé
- Un fichier a une date de péremption. Sa joignabilité fond avec le temps et les tentatives.
- Dimensionnez les imports sur la capacité d'appel réelle, pas théorique.
- Posez le calcul sur un exemple : capacité égale heures nettes fois contacts par heure fois SDR disponibles.
- Alignez les fenêtres d'appel sur les heures où la cible décroche. C'est souvent le premier levier de connexion.
- Pilotez le stock en continu. Réallouez la capacité dès qu'un fichier s'épuise ou qu'un taux chute.